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LA CONDUITE

LES ESSAIS DES CHEVRONS > CITROËN C5 BERLINE 3.0 V6 HDI 240 FAP EXCLUSIVE BVA


Note: 8,10 / 10


Développé par le Groupe PSA avec Ford et installé également sous le capot de la Jaguar XF, le moteur 3.0 V6 HDI 240 FAP remplace l'ancien 2.7 V6 HDI 208 FAP. Évoluant en profondeur, il gagne au passage une bonne trentaine de chevaux. Sa cylindrée atteint dorénavant 3 litres et il bénéficie de travaux d’optimisation multiples comme le nouveau système d’injection directe « common-rail » de 3ème génération, les chambres de combustion de nouvelle génération, la suralimentation assurée par un système muni de 2 turbocompresseurs à géométrie variable, la recirculation des gaz d’échappement et le système de récupération d’énergie en décélération.


La puissance délivrée progresse de 18 % et atteint 240 ch à 3 800 tr/min. Le couple maximal de 450 Nm est disponible au régime de seulement 1 600 tr/min. Toujours couplée à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports, cette nouvelle mécanique respecte les normes Euro V. Les émissions de CO2 de 195 g/km au cycle mixte sont en baisse de 12 à 15 % et CITROËN promet que la consommation baisse dans les mêmes proportions. Le malus écologique Français diminue à 750 € par rapport à celui de l'ancien V6 HDI 208 (1 600 €).

Ainsi armée, la C5 n'a aucun mal de réaliser des chronos de tout premier ordre. Les 100 km/h sont atteints après 8 secondes, les 1 000 m abattus en seulement 28,9 secondes et la vitesse maximale s'élève (selon CITROËN) à 242 km/h. Sans que l'on se rende compte, le gros moteur diesel expédie la C5 à des vitesses sévèrement prohibées et met en danger les précieux points sur le permis du conducteur. Les accélérations sont toujours très linéaires et ça pousse fort dès les bas régimes. Comme si la C5 était accrochée à un élastique géant…


Le moteur V6 joue beaucoup sur son couple généreux disponible très tôt. Il est parfaitement secondé par la boîte automatique 6 vitesses extrêmement douce. Les changements de rapports s'effectuent toujours avec un remarquable velouté sans les moindres accoups. Sans consulter le compte-tours et l'indicateur au tableau de bord, ils restent quasiment imperceptibles pour le conducteur et ses passagers.

Cette douceur a un prix : en conduite plus sportive, nous souhaiterions plus de réactivité de la boîte. Rétrograder avant un dépassement à l'aide du kick down ne pose aucun souci mais une fois l'accélérateur relâché, la boîte a tendance à tarder un peu avant d'enclencher le rapport supérieur. Les choses ne changent guère en utilisant le Mode S (Sport) de la boîte. Conservant le rapport enclenché plus longtemps, les montées dans les tours sont favorisés et une franche accélération fait parfois « tomber » la boîte de deux rapports à la fois - les performances n'y gagnent pas grand-chose et une certaine hectique malsaine s'installe à bord de la C5. Très vite on ne touche donc plus au bouton « S » de la boîte et on commence à l'ignorer complètement tout comme le mode séquentiel de la boîte qui permet de passer les rapports manuellement - utile uniquement dans les décentes en montagne pour mieux exploiter le frein moteur.


La C5 V6 HDI 240 est capable de réaliser des performances hors pair, mais la douceur du moteur et de la boîte n'incite pas à exploiter les dernières réserves du moteur en permanence. À son volant on adopte très vite une conduite douce et souple. On profite ainsi au maximum de l'excellent confort sonore de cette berline. Clairement « mazout » au ralenti mais seulement à l'extérieur, le moteur émet une belle musique de V6 en accélération – impossible d'identifier le diesel dans ces conditions. Il se fait complètement oublier une fois la vitesse stabilisée.

Dans toutes les circonstances, l'habitacle de la C5 semble hermétique contre tous les bruits de l'extérieur - l'insonorisation frôle vraiment la perfection. Le double vitrage feuilleté, de série sur la finition Exclusive, y est certainement pour beaucoup. Seul petit bémol : le silence total du moteur et l'absence de bruits d'air font ressortir davantage les bruits de roulement assez prononcés des grandes roues 19 pouces avec leur montée pneumatique généreuse correspondante (245/40 ZR 19).


Douces, privilégiant le confort au dynamisme, les suspensions de la C5 sont en parfaite harmonie avec le moteur et la boîte automatique. Chère tradition des CITROËN haut de gamme, la suspension hydropneumatique, ici dans sa version Hydractive 3+ gérée électroniquement, fait des merveilles dans la C5. En mode normal, le confort prodigué par cette technologie est tout simplement enthousiasmant.

La très lourde C5, impériale sur voie rapide, donne l'impression de survoler la route en simplement caressant le goudron avec ses roues. Toutes les irrégularités de la chaussée sont absorbées avec une aisance remarquable – au prix de donner au conducteur l'impression de ne pas trop sentir ce qui se passe entre le véhicule et le bitume. La sécurité du comportement n'en souffre dans aucun cas. Il est quasiment impossible de prendre la C5 en défaut. Uniquement en accélérant très brutalement sur route mouillée, les roues avant démontrent en patinant les limites de la traction avant sur une berline puissante – le système de contrôle de traction intelligent (Snow Motion) n'est pas disponible sur les CITROËN C5 en boîte automatique.


Sur parcours sinueux, le mode Sport de la suspension hydropneumatique est le bienvenu et très recommandable. Contrôlant davantage les débattements, il rend la suspension plus ferme et limite les mouvements de caisse et la prise de roulis dans les virages serrés. Sans réellement dégrader le confort, les défauts du revêtement sont davantage ressentis dans ce cas. Les suspensions réglées en mode Sport, la conduite de la C5 V6 HDI 240, certes handicapée par son poids conséquent de 1 763 kg à vide, gagne en dynamisme. La berline Française s'approche ainsi du ressenti procuré par exemple par une Audi A4.

En accord avec la sérénité qui règne au volant de la plus luxueuse de toutes les C5, sa direction précise mais assez légère ne permet que peu de ressenti de la route et filtre un peu trop les informations à notre goût. En ville par contre, la légèreté de la direction s'avère agréable – une nécessité pour compenser le diamètre de braquage de presque 12 mètres. Le freinage puissant et endurant de la C5 complète ce beau tableau d'un comportement routier sans faille, peu typé « Sport » mais toujours extrêmement sécurisant et prévisible.



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