Menu principal:
LE PASSÉ DE CITROËN > LES ANCIENNES > CITROËN MÉHARI (1968-1987)
Avec la Méhari, CITROËN pousse à l'extrême les vertus initiales de la 2CV. Le concept de la Méhari n'est pourtant pas une idée originale de la marque. Son concepteur d'origine trouve dans cette voiture une solution efficace pour démontrer les possibilités et les avantages du nouveau matériau composite qu'est l'ABS. Fortement inspirée de l'Austin Mini Moke et née en plein mai 1968, la Méhari va devenir la voiture symbole de cette génération Flower Power.
Les vertus de polyvalence, d'économie et de modularité de la 2CV ne sont plus, à l'aube des années 1970, des arguments majeurs. Le niveau économique des Français s'est largement amélioré, et les attentes économiques de la population ont changé. La classe populaire dispose désormais de loisirs, et les familles partent plus nombreuses en vacances. On assiste à l'apparition de véhicules plus ludiques, tournés vers des activités autres que le travail ou la vie quotidienne.
Le mouvement a été initié par la marque anglaise Austin qui a dérivé de sa Mini un engin atypique de plein air, la Mini Moke. Le succès remporté par cet engin sur la Côte d'Azur est fulgurant. En quelques mois, la Mini Moke est devenue la coqueluche du Tout-Saint-Tropez naissant.






Acrylonitrile butadienne styrène
Roland de La Poype, créateur du projet, conçoit une automobile dont la carrosserie serait composée d'une cage de tubes soudés entre eux et de panneaux de plastique préformés que l'on fixait sur cette structure métallique. Après plusieurs esquisses puis ébauches, les premiers prototypes sont prêts en 1967. Le projet séduit la direction de CITROËN qui cherche à sortir de la 2CV par tous les moyens, mais sans trop de frais. Le nouveau véhicule de plein air est de ce fait une occasion de proposer quelque chose de ludique, qui reprend la philosophie de la 2CV par sa modularité et son économie, mais avec des matériaux plus modernes. La nouvelle matière utilisée pour confectionner les panneaux de carrosserie est l'acrylonitrile butadienne styrène, autrement dit ABS, une matière que l'on peut former comme on veut et qui présente l'avantage d'être plus légère que l'acier. De surcroît l'ABS peut être teinté dans la masse et permet d'offrir toute une gamme de coloris. Ainsi habillée, la nouvelle voiture, qui réutilise intégralement le châssis moteur de la Dyane 6, devrait se montrer plus agile, passer partout et séduire les jeunes.


Un succès immédiat
Le lancement programmé de la CITROËN Méhari pour mai 1968 tombe en plein dans les événements sociaux que l'on sait. Il a lieu sur l'hippodrome de Deauville en présence de toute la presse automobile et inaugure une carrière automobile plein de succès. En effet, la Méhari répond à une demande autant qu'à une espérance. Ce qui se fait jour dans l'état d'esprit de la jeunesse mondiale se traduit aussi dans les aspirations des acheteurs à vivre des moments de liberté et de fantaisie. Qui, mieux que la Méhari, peut à ce moment incarner ces valeurs ?






Dès son début de commercialisation, le succès de la Méhari est évident. Cette voiture sans prétention, qui se lave au jet d'eau, qui peut charger du foin, des passagers ou des sacs de ciment, représente la part de folie et de rigolade que la gamme bien sage de CITROËN ne proposait pas encore. Avec la Méhari, CITROËN vend une part de soleil, de fou rire et de bonne humeur en valeur ajoutée.






Devenue une icône des années pop
La carrière de la Méhari va être heureuse et exemplaire. Le modèle évoluera au gré du reste de la gamme bicylindre de CITROËN. La Méhari séduira tout autant les particuliers que certaines professions rurales ou de loisirs. L'armée française en fera un large usage. La seule nouveauté marquante de la carrière de la Méhari, sera la présentation en 1979 de la Méhari 4x4, sur une commande de l'armée, mais dont la clientèle de la marque profitera également. La Méhari cessera d'être produite en 1987, après dix-neuf années de bonheur. On en aura produit 145 000 exemplaires dont environ 1 200 versions 4x4. Aujourd'hui devenue culte, la Méhari reste le symbole de l'insouciance et de la bonne humeur des années 1970.





